L’ambulatoire debout est un mode de prise en charge où le patient reçoit des soins ou une intervention sans nécessiter d’hospitalisation prolongée. Ce type de parcours est souvent perçu comme plus léger, mais il peut comporter des irritants : manque d’informations, attente, stress, etc.
Étudions le cas d’un patient venant pour une opération de la cataracte en ambulatoire. Bien que son parcours type soit souvent réduit à 15 étapes, comme défini par l’hôpital, il en représente en réalité 38 pour le patient. Ce cas a été étudié à travers une immersion dans le parcours et des enquêtes de satisfaction auprès des patients.
Prenons l’exemple du vestiaire, où le patient doit se changer en tenue médicale. Cette étape est généralement classifiée comme une seule, mais en y regardant de plus près, notre analyse révèle trois défis majeurs :
• Découverte des espaces et commodités
• Changement de tenue, avec une possible difficulté à comprendre l’enfilage, un inconfort et une perte d’identité/intimité
• Séparation des affaires personnelles, sans garantie de sécurité
Ces trois 3 défis impliquent au minimum 3 actions distinctes et génèrent 3 ressentis spécifiques. À première vue, ces étapes peuvent sembler anodines, mais replacées dans leur contexte, elles prennent une toute autre dimension. Le patient va subir une intervention, plus ou moins importante, et chacun réagit différemment en fonction de son histoire, de son état émotionnel du jour, de sa perception et de ses inquiétudes…
Pour rendre ce parcours plus digeste, simplifié et rassurant pour le patient, nous imaginons de nombreux détails qui, bien que simples et souvent faciles à mettre en œuvre, forment un ensemble cohérent et important pour l’expérience du patient. Chaque petite attention compte et contribue à créer un environnement plus serein et mieux adapté aux besoins de la personne.
Revenons sur le vestiaire : des constats ont émergé concernant la tenue médicale, notamment sur le confort et le respect de l’intimité du patient. Même simplifiée, l’enfilage de la tenue peut s’avérer difficile, et dans un état de stress, le patient perd souvent ses repères. Il est donc essentiel de trouver des solutions pour rendre cette étape plus fluide et rassurer le patient sur la réussite de l’enfilage, en l’accompagnant pas à pas, sans présence physique.
La séparation des affaires personnelles est également un moment clé, souvent source d’angoisse. Le changement de tenue marque une transition importante où le patient passe de son identité civile à celle de « patient », renforçant ainsi son sentiment de vulnérabilité.
Enfin, la question de la sécurité des effets personnels laissés sur place est une préoccupation majeure. Des objets tels que le téléphone, le portefeuille ou les clés sont perçus comme précieux, et leur perte ou vol peut engendrer un stress supplémentaire. Garantir la sécurité de ces objets devient donc un enjeu important afin d’éviter toute source d’anxiété inutile.
Un parcours autonome n’est pas laisser le patient livré à lui-même
Un parcours facilité repose sur l’idée que l’autonomie du patient ne signifie pas qu’il doit se débrouiller seul, mais plutôt qu’il dispose des outils et des ressources nécessaires pour vivre son expérience de manière sereine et en confiance. Cela inclut l’accès à des informations claires et accessibles, un accompagnement discret mais constant, ainsi que des solutions adaptées pour réduire les sources de stress et d’angoisse. Le but est de simplifier les étapes complexes, de répondre aux interrogations et de rassurer le patient à chaque moment clé de son parcours. Ainsi, un parcours autonome ne doit pas être synonyme d’isolement, mais de confort et de tranquillité d’esprit, où chaque patient peut se sentir soutenu et sécurisé tout au long de son parcours de soins.
© 2024 – Caroline Rotureau
Mentions légales